lundi 18 octobre 2010

Ce n'est pas la vache qui est folle, mais la politique agricole !

Europe Ecologie / les Verts soutiennent la Confédération Paysanne qui a occupé la Maison du Lait à Paris pendant 37 jours pour exiger le pluralisme dans la représentation des agriculteurs à l’Interprofession laitière et la démocratie dans toutes les instances agricoles, actuellement confisquées par la FNSEA et ses syndicats spécialisés.
La politique agricole actuelle est nocive et enferme notre agriculture dans une impasse : la fuite en avant vers plus de volumes à prix plus bas pour des produits laitiers « compétitifs » sur les marchés internationaux.

Les quotas laitiers, qui géraient le marché depuis 30 ans à la satisfaction générale, ont été supprimés. Les crises se multiplient depuis 3 ans et fragilisent les 85 000 éleveurs laitiers actuels.

Nous refusons :
- les exploitations surendettées, connaissant des conditions de vie et de travail inacceptables pour essayer de rembourser leurs banques, et dont la disparition s'accélère,
- les animaux sursélectionnés jusqu’à la monstruosité, transformés en pures machines à produire,
- l'alimentation animale maïs/soja qui porte atteinte à notre environnement par la culture systématique du maïs-ensilage, qui détruit celui des pays producteurs de soja d’Amérique du Sud tout en aggravant notre dépendance alimentaire.

Aujourd’hui, les éleveurs laitiers qui s’en sortent sont ceux qui ont choisi d’autres modèles de production à rebours de la monoproduction industrielle :
* les fromages AOP du Jura et des Alpes transformés dans des petites coopératives fruitières,
* le lait et les produits frais en circuits courts,
* la transformation fermière,
* les produits typés, identifiés (des fromages de terroir aux produits de montagne),
* des races traditionnelles valorisées,
* la production biologique, etc.

Les listes d'attente des 2 AMAP montluçonnaises -l'AMAP des Ouches et les courgettes de Notre-Dame- illustrent que de plus en plus de citoyens veulent comme nous cette agriculture-là : une agriculture respectueuse de l’homme et de l’environnement, qui assure de bonnes conditions de vie à ses travailleurs, qui crée de l’emploi et de l’activité au lieu d’en détruire, qui participe pleinement à la vie de nos campagnes, qui assure une alimentation équilibrée et de qualité.

La généralisation de ces modèles passe par une véritable démocratie de représentation. Dans le cas du lait, cette démocratisation concerne les négociations de prix comme les décisions de politique agricole, et comprend les divers syndicats, mais aussi l’Association des Producteurs Laitiers Indépendants, les élus locaux et les associations environnementales.

Toute l’agriculture française et européenne est concernée par ce combat. Les écologistes soutiendront les producteurs laitiers dans leur refus de ce système devenu fou.